Borne de recharge : 3 familles, 4 modes et la façon de payer

Guépard en blouson bleu-vert qui branche une voiture électrique sur une borne publique dans un parking lumineux
Sommaire6 sections
  1. 01Domicile, voie publique, entreprise : les trois familles de bornes
  2. 02Modes de recharge 1 à 4 : ce que recouvrent les numéros
  3. 03Courant alternatif ou continu : ce que change la puissance
  4. 04Comment trouver une borne de recharge près de chez soi ?
  5. 05Payer sa recharge : carte bancaire, application ou badge
  6. 06Hybride rechargeable et scooter : les mêmes prises, d’autres besoins

Domicile, voie publique, entreprise : les trois familles de bornes

Une borne appartient à l’une de trois familles : privée à la maison ou en copropriété, ouverte au public sur voirie, en parking ou sur autoroute, ou réservée à une entreprise et à ses véhicules. Le lieu décide de l’accès, du prix et de la puissance.

À domicile, la voiture se recharge la nuit, sur une place que vous maîtrisez, au tarif de votre contrat d’électricité. Les aides existent surtout pour les immeubles : le programme Advenir finance des bornes en résidentiel collectif et exclut les maisons individuelles, et le crédit d’impôt pour une borne a pris fin avec les dépenses de 2025. C’est la recharge la plus économique pour la plupart des conducteurs, et celle qui change le plus le quotidien : on part chaque matin avec une batterie pleine, sans détour par une station. En entreprise, la borne sert aux salariés, aux visiteurs ou à une flotte, avec souvent un badge ou une application pour répartir les coûts.

La borne publique couvre le reste : villes, parkings de commerces, aires d’autoroute. Elle dépanne les conducteurs sans place à domicile et permet les longs trajets. Elle coûte plus cher au kilowattheure que la maison, parfois beaucoup plus, c’est le prix de la disponibilité immédiate.

Modes de recharge 1 à 4 : ce que recouvrent les numéros

Le mode de recharge décrit le niveau de protection et de dialogue entre la voiture et le réseau : le mode 2 passe par une prise domestique, le mode 3 par une borne dédiée, le mode 4 par du courant continu.

Le mode 1, une simple prise sans protection ni communication, n’est pas utilisé pour recharger une voiture. En mode 2, un câble muni d’un boîtier de contrôle se branche sur une prise de la maison. Il convient pour dépanner à faible puissance, quelques kilowatts au mieux, et suppose une installation électrique en bon état. En mode 3, la borne et la voiture échangent des informations (intensité autorisée, verrouillage du connecteur, coupure en cas de défaut) : c’est le cas de la wallbox et de la plupart des bornes publiques en courant alternatif. Le mode 4 correspond aux bornes rapides en courant continu.

Le choix entre une prise renforcée et une wallbox à la maison relève d’un autre sujet, traité sur notre site frère votre-auto.fr, et nous n’y revenons pas ici.

Courant alternatif ou continu : ce que change la puissance

En courant alternatif, la voiture convertit elle-même l’électricité et plafonne le plus souvent entre 7,4 et 11 kW ; en courant continu, la borne convertit et délivre au moins 50 kW, bien davantage sur les stations récentes.

Le convertisseur embarqué limite donc la vitesse en alternatif, quelle que soit la puissance de la borne. Une voiture qui accepte 7,4 kW ne recharge pas plus vite sur une borne de 22 kW. En continu, la puissance réellement reçue dépend aussi de la batterie : elle baisse nettement au-delà de 80 % de charge, ce qui explique les arrêts à 80 % sur autoroute.

Un exemple fictif montre l’écart. Camille possède une voiture à batterie de 60 kWh et veut passer de 20 à 80 %, soit 36 kWh. Le tableau donne la durée théorique, avant pertes de charge (comptez 10 % de plus) et sans ralentissement de fin de charge.

Puissance reçueType de rechargeDurée pour 36 kWh
3,7 kWAlternatif, monophasé 16 Aenviron 9 h 45
7,4 kWAlternatif, monophasé 32 Aenviron 4 h 50
11 kWAlternatif, triphasé 16 Aenviron 3 h 15
50 kWContinuenviron 45 min

Comment trouver une borne de recharge près de chez soi ?

Une application de cartographie ou le site de l’exploitant indique les bornes proches, leur puissance, leur prix et leur disponibilité en temps réel, ce que ne fait aucun panneau de rue.

Plusieurs applications grand public recensent les points de recharge, comme Chargemap, PlugShare ou le planificateur d’itinéraire intégré à certaines voitures ; nous les citons en exemple, sans classement. Elles s’appuient en grande partie sur les données que les exploitants déclarent à la base nationale des infrastructures de recharge, publiée en données ouvertes. Filtrez par type de prise (type 2 ou CCS) et par puissance minimale avant de vous déplacer : une borne affichée libre peut être en panne, d’où l’intérêt des commentaires récents.

Les recherches du type « borne de recharge gratuite » mènent à une poignée de lieux, parkings de commerces ou de collectivités. La gratuité y est rarement garantie dans la durée, et le stationnement peut rester payant : vérifiez les conditions sur place.

Payer sa recharge : carte bancaire, application ou badge

On paie une recharge par badge ou application liés à un abonnement, ou par carte bancaire directement sur la borne quand elle est équipée : le règlement européen AFIR impose cette dernière option sur les bornes neuves.

Le règlement européen sur les infrastructures pour carburants alternatifs (AFIR) prévoit le paiement ad hoc, c’est-à-dire sans compte ni abonnement, sur les bornes ouvertes au public. Pour les bornes de 50 kW et plus situées sur les grands axes européens, les installations existantes doivent s’y conformer au plus tard le 1er janvier 2027 ; les bornes neuves ou rénovées y sont soumises depuis 2024. Les bornes urbaines plus lentes restent nombreuses à demander une application, et leurs conditions varient.

Le prix s’exprime en euros par kilowattheure, parfois complété par des frais de session ou un tarif de stationnement après la charge. Un conducteur qui paie par carte sans abonnement règle souvent un tarif supérieur à celui d’un abonné : la comparaison des cartes et des réseaux fait l’objet d’un article à part.

Hybride rechargeable et scooter : les mêmes prises, d’autres besoins

Une hybride rechargeable, un scooter ou un vélo électrique utilisent les mêmes familles de bornes, avec des batteries bien plus petites, donc des puissances et des durées de recharge très différentes de celles d’une voiture à batterie.

Les hybrides rechargeables acceptent souvent une puissance modeste en alternatif, de l’ordre de 3,7 kW, parfois 7,4 kW : une borne rapide ne leur apporte rien, et certaines ne peuvent pas s’y raccorder du tout. Leur conducteur gagne donc surtout à recharger à la maison. Du côté des deux-roues, un scooter électrique à batterie amovible se recharge le plus souvent sur une prise domestique, sans borne.

Pour une voiture à batterie, retenez trois repères avant d’acheter ou d’installer : la prise de votre modèle, la puissance maximale qu’il accepte en alternatif et l’endroit où vous le brancherez la nuit. Le reste, câble, abonnement d’électricité, cartes de recharge, se règle ensuite.

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